Parc national des calanques

Les Aires Marines Protégées, un précieux allié pour la résilience de la biodiversité


Accroître le nombre des Aires Marines Protégées, une priorité pour sauver la biodiversité marine

 

Depuis près de 50 ans les scientifiques alertent sur les dégradations que connaît la planète terre engendrées par la pollution, la surconsommation des matières premières ou le réchauffement climatique. Les océans font partis des zones les plus affectées par ces activités humaines. L’océan constitue cependant un potentiel de vie pour l’humanité (l’alimentation, la science, les énergies, l’économie), mais il constitue surtout l’habitat de millions d’espèces dont à peine 10% sont étudiées.

Il est nécessaire de prendre en compte les océans dans l’avenir de la terre, Il s’agit là de l’objectif de la création des Aire Marines Protégées (AMP). Les AMP sont des espaces maritimes délimités pour lequel un objectif de protection a été fixé.

 

L’ensemble des AMP sont regroupées dans 6 catégories, chacun avec un degré de protection qui lui est propre :

  • 1.a : Réserve naturelle intégrale : protection intégrale, aire dédiée à la recherche scientifique
  • 1.b : Zone de nature sauvage : Protection intégrale
  • 2 : Parc national : Protection forte, mais tourisme autorisé
  • 3 : Monument naturel : Protection limitée à un site spécifique
  • 4 : Aire de gestion des habitats ou des espèces : Protection sur une espèce ou un écosystème particulier
  • 5 : Paysage terrestre ou marin protégé : Protection faible, milieux anthropisés
  • 6 : Aire protégée de ressources naturelles gérée : Protection faible, utilisation durable des ressources

Aujourd’hui, les AMP couvrent seulement 5,3% de la surface des océans, et seulement la moitié d’entre elles sont réellement bénéfiques pour la biodiversité. En France par exemple, 6,1% du bassin Méditerranéen est couvert par des Aires Marines Protégées, mais à peine 0,23% fait l’objet d’une protection forte ou intégrale (« One earth », Joachim Claudet, 2020), nous pouvons citer le parc national des Calanques (Bouches-du-Rhône), la réserve naturelle nationale de Cerbère–Banyuls (Pyrénées-Orientales) ou encore le parc naturel marin d’Iroise (Bretagne). A noté que 90% de l’économie maritime est lié au bon état du milieu marin, et que cette économie maritime en France représente 14% du PIB, soit 270 milliards d’euros.

Des mesures se mettent cependant en place et sont vecteurs d’espoir pour la préservation de la vie marine. L’association Corail Guardian par exemple, œuvrant depuis 2015 pour la conservation des coraux dans le monde, a créée dans le parc nationale de Komodo en Indonésie, une Aire Marine Protégée de 629 hectares. Il s’agit d’une zone sanctuarisée où la pêche et l’accès aux bateaux sont formellement interdits, et où les des coraux y sont largement restaurés. Leurs actions sont de plus en plus impactantes notamment grâce à leur campagne « Adopte un corail », qui leur permet de financer les restaurations de coraux dans les zones où ils ont été détruits.

La France, de part sa situation géographique, possède un espace maritime abritant à elle seule près de 10% de la biodiversité marine mondiale, soit près de 13000 espèces endémiques et 20% des atolls. Elle est la seule nations de l’UE à être présente sur tous les océans, et de ce fait, se doit d’assumer une responsabilité particulière concernant la protection de la vie marine.  A l’échelle nationale, 23% des eaux françaises sont officiellement protégées, mais seulement 1,5% possède une protection intégrale, un chiffre loin d’être suffisant pour une possible résilience de la biodiversité dans les océans.

En effet, une mise en place d’une politique de protection des océans ambitieuse pourrait, à long terme, avoir des effets positifs spectaculaires sur la biodiversité. Une étude publiée dans le prestigieux magazine Nature met notamment en avant la résilience extraordinaire des océans. Couplées avec une réduction des gaz à effet de serre, des mesures de protection fortes permettraient de restaurer la vie marine en seulement 30 ans et qu’elle soit aussi abondante qu’antérieurement. Il s’agit là d’un défis largement possible à mettre en place, d’autant plus que plus les espaces sont dotés d’une protection élevée, plus il est facile de les contrôler. Cette résilience permettrait non seulement une restauration de la biodiversité dans les océans, mais apporteraient également des bénéfices non négligeables pour le tourisme, la pêche, la plongée sous-marine…

Pour préserver les océans et notre belle planète bleue, nous sommes désormais dans l’obligation de créer d’avantages d’Aires Marines Protégées, actuellement trop permissives, car ce sont grâce à des protections de haut niveau que l’on pourra observer une résilience de la vie marine dans les années à venir.

Liste des AMP :

  • Aire de protection de biotope, des habitats naturels et des sites d’intérêt géologique
  • Parcs nationaux
  • Parcs naturels marins
  • Réserves naturelles
  • Réserves nationales de chasse et de faune sauvage
  • Sites Natura 2000
  • Parties maritimes du domaine relevant du conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres
  • Parties maritimes des parcs naturels régionaux
  • Zones de conservation halieutique
  • Réserves de biosphère
  • Zones humides d’importances internationale
  • Zones protégées de la convention Oslo-paris
  • Aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne
  • Aire spécialement protégées de la convention de Carthagène
  • Zones marines protégées de la convention de Nairobi
  • Aires spécialement protégées du traité de l’Antarctique
  • Aires marines protégées en application des codes de l’environnement de la Polynésie française, de la Nouvelle-Calédonie et des provinces, ainsi que de Wallis-et-Futuna)

Sources :

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